jeu

24

sep

2009

Rencontres et changements de plans

 "Je n'sais pas ou je vais? ... mais ca je n'l'ai jamais bien su... et si jamais je le savais, je crois bien que je n'irai plus... Je vais toujours seule sur la route, et je continue coute que coute... Et puis une route en croise une autre... et une autre et encore une autre..." Chanson de la Rue Ketanou!

 

Je ne sais pas ou je vais, je suis seule, je suis libre et je n'ai pas de limites, je suis ma destinee, mon instinct et mes rencontres... Les dix jours qui viennent de passer je n'aurai pu me les imaginer. Mes semblants de plans initiaux pour le Cambodge ont change, et j'y resterai surement plus longtemps que prevu si je veux aller dans tous les endroits qui m'attirent...

Le temps passe trop vite, on est deja le 24 septembre, ca fait exactement 4 mois que je suis partie de France et deja deux semaines et demi au Cambodge. 

 

La derniere fois que j'ai ecrit j'etais a Kep. Je me suis ensuite dirigee vers Kampot, une petite ville portuaire tres calme, a l'architecture francaise encore bien presente. Des gens accueillants et souriants, beaucoup d'expatries car enormement d'ONG, la campagne aux alentours, villages de pecheurs sur les bords de la riviere, marais salants, rizieres, etc. Certains enfants parlent un anglais irreprochable, du aux nombreuses ecoles d'anglais gratuites et a leur envie d'apprendre (contrairement aux enfants francais, eux ils ont bien compris l'interet de l'anglais). Je me suis fait plusieurs fois accompagner dans des endroits par des gamins d'une dizaine d'annees, toujours gais et gentils, parlant aussi bien anglais que moi, de parfaits guides deja a leur age, et qui ne demandent meme pas d'argent (ca change du Vietnam). J'ai egalement rencontre pas mal d'expat ici, c'etait interessant d'avoir leur point de vu sur le pays, les conversations tournant souvent autour de l'extreme corruption du gouvernement qui est tres decourageante pour ceux qui veulent creer des business.

 

J'ai ensuite decide d'aller passer quelques jours a Chi Pat, dans le Sud de la chaine de Cardamomes, ou se situe un projet d'ecotourisme communautaire. Ce projet a ete cree dans le but de lutter contre le trafic de bois et d'animaux sauvages qui conduisent a la deforestation du Cambodge et a la disparition de nombreuses especes animales. Le but etant d'apporter aux habitants une autre source de revenus que ces trafics illegaux, le tourisme. La deforestation illegale est un probleme tres important au Cambodge, depuis les annees 60 le Cambodge a perdu environ 70% de ses forets d'origine, ce qui conduit a de tres nombreux problemes environnementaux.

 

Pour acceder au village, je devais tout d'abord prendre un minibus local, puis un bateau pour remonter la riviere jusqu'au village, la route menant a celui ci etant impraticable pendant la saison des pluies. C'est reparti pour l'aventure!

 

Le depart du minibus est prevu a 9h, mais c'est a 10h30 que nous partons finalement... Apres 1h30 de route, le conducteur s'arrete sur le bord de la route, et la nous attendrons, attendrons, attendrons... pendant quasiment 2h. Je boue interieurement car si il y a bien une chose que je n'apprendrai jamais, c'est la patience. De plus il m'est impossible de savoir ce qu'on attend etant donne que je ne parle pas kmer et que personne ne parle anglais. On fini par repartir avec une personne en plus dans le minibus, et j'arrive evidemment a Andoung Tuek trop tard pour prendre le bateau qui doit me mener a Chi Pat. Heureusement pour moi, la personne que nous avons attendu pendant deux heures parle un peu anglais, elle m'aide donc a savoir quand je pourrai prendre un bateau et m'emmene a la seule guesthouse du village, un peu miteuse car peu frequentee. Ce village est tout petit, situe sur les bord d'une riviere et sur la route nationale du Sud de Cambodge. Personne ne semble y parler anglais, et je me demande ce que je vais bien pouvoir faire toute l'apres midi ici. Mais la providence apparait en le fils de la femme tenant la guesthouse, celui ci parlant parfaitement anglais. Il me propose de me faire visiter les environs en scooter, et me presente a la seconde personne du village parlant anglais: le professeur d'anglais, un Cambodgien qui a habite 12 ans en Australie, a bosse pour des ONG et le gouvernement, et s'est finalement reclu dans ce petit village ou il eprouve bien plus de satisfaction a enseigner l'anglais et a tout faire pour ameliorer les conditions de vie des gens du village que de bosser dans la politique. Dans ce village il n'y a de l'electricite qu'entre 17h30 et 22h, mieux vaut etre dans son lit a 22h car apres c'est le noir absolu. La mere du jeune homme que j'ai rencontre m'invite a me joindre la famille pour le diner: repas cambodgien frugal, assis en tailleur sur un sommier en bois a cote de la maison. 

 

Le lendemain a 12h, je pars pour Chi Pat dans un petit bateau en bois a moteur charge de marchandises et de quelques passagers. La riviere est tres calme et les bords sont magnifiques, mangroves et forets a perte de vue (la chaine des caramomes est protegee). J'apercois un gros rapace plonger pour attraper un poisson, puis quelques singes dans les arbres. 2h plus tard, je debarque dans le petit village de Chi Pat et commence a remonter la rue principale. Pas de voitures, juste quelques scooters, sol de terre et boue, chiens, poules vaches et cochons se promenent au milieu des enfants. Les maisons sont en bois et sur pilotis. Je gens me regardent passer et je repond en souriant au eternels "hello - good bye, hello - good bye" des enfants. "Madam!" une femme m'alpague et m'entraine dans le bureau du CBET, le bureau du projet de tourisme communautaire. Les gens parlent un anglais basique mais sont tres accueillants, et j'apprend que le chef de projet n'est pas la, dommage je ne pourrai pas le rencontrer pour parler en profondeur du projet et faire ma fiche pour Echoway... Je conviens de dormir dans un homestay et de partir faire un trek le lendemain. Le homestay (hebergement chez l'habitant) dans lequel je vais dormir est a 5 minutes du centre du village, dans une maison en bois sur pilotis arrangee avec l'aide de Wildlife Alliance (l'ONG initiatrice de ce projet de tourisme communautaire) pour convenir aux besoins des touristes : ajout d'une piece servant de chambre et d'une annexe a la maison: une salle de bain. Gros luxe car les gens n'en ont generalement pas, d'ailleurs ils ne se servent pas de celle ci, ils preferent se laver dans la riviere. C'est donc une petite piece tout en bois (sur pilotis encore), simplement avec un baquet d'eau et un seau, et, trop drole, des toilettes occidentales! Sans chasse d'eau automatique hein, oubliez ce que vous connaissez. Mes hotes ne parlent pas anglais mais je suis tres bien accueillie, et tout de suite je me fais deux copines de 6 et 7 ans parlant quelques mots d'anglais et qui m'emmenent partout et sont trop contentes de jouer avec moi. Trop mignonnes, et je pense que dans peu de temps elles parleront couramment anglais si elles continuent comme ca.

En revenant au village je rencontre ce qui changera mes plans pour les jours a venir, deux israeliens (tiens donc, ca faisait longtemps!), Dany et Yotam, qui bossent sur un projet de reforestation a Chi Pat pour la Wildlife alliance. Dany est un gros moustachu d'une cinquantaine d'annees, le patriarche sympa et franc, et Yotam un jeune homme de 24 ans. Je passe la soiree avec eux et rencontre Ruthy, la femme de Dany, egalement tres sympa et qui bosse aussi sur le projet.

Le lendemain il pleut des trombes, je ne pars donc pas faire le trek, mais a la place je pars avec un guide en VTT, une fois que la pluie s'est un peu calmee. Excellent, nous roulerons majoritairement dans la boue, traverserons des rivieres avec de l'eau jusqu'a la taille, tout ca au milieu d'un tres beau paysage, avant de nous baigner dans une cascade. Sur le trajet du retour, je sens un truc bizarre derriere mon genoux, je regarde et apercois un truc gluant comme une petite limace accrochee a moi: une sangsue!!! Je peux donc temoigner maintenant, une sangsue ca s'accroche tres tres bien, et ca suce vraiment le sang! Je finis finalement par la decrocher et m'en sors avec un gros sucon derriere le genoux.

Apres mon retour, Yotam m'emmene avec sa moto tout terrain faire un tour dans les environs, et comme la veille il me ramenera chez moi avant le couvre feu de 22h (ici aussi l'electricite c'est entre 18 et 22h). Le lendemain je passe la journee avec eux a la "nursery", la ou ils font pousser les arbres avant d'aller les planter dans les endroits choisis. La nursery se situe au milieu de la foret, apres avoir traverse la riviere dans la remorque d'un gros tracteur (assez flippant car il y a beacoup de rochers dans la riviere qui font bouger la remorque, et egalement beaucoup de courant). On ne s'attend pas a trouver une sorte d'exploitation et d'immenses serres dans cette endroit. Les laissant a leur boulot, je pars me balader dans les petits chemins environnants. Il se met soudain a pleuvoir: pas de probleme, j'ai mon poncho et je me place sous un arbre en attendant que ca se calme. 5min, 10 min, 15 minutes... Ca ne se calme pas, au contraire c'est de plus en plus le deluge, et le chemin dans lequel je suis commence vraiment a se transformer en une riviere. Je me decide a partir et abandonne l'idee de garder mes chaussures seches etant donne que j'ai maintenant de l'eau jusqu'aux mollets. J'arrive a un croisement de chemin et commence a flipper, c'est en pente et c'est devenu un veritable torrent avec courant qui me parait assez profond, d'autant plus que le sol sableux s'enfonce... Apres reflection je ne vois aucune solution a part prendre mon courage a de mains et traverser avant que le niveau ne monte encore. Je m'accoche a des branches et tente de marcher sur d'autres branches afin de ne pas trop m'enfoncer, j'ai de l'eau jusqu'a la taille, et j'arrive de l'autre cote. Ouf. A la nursery egalement tout est innonde, plus besoin d'irriguer! C'est ca la saison des pluies! C'est impressionnant comme le niveau de l'eau monte rapidement, du au fait que le sol soit deja gorge d'eau, et je comprend maintenant comment la pluie puisse creer des torrents et parfois faire de tels degats... 

 

Le 17 septembre, c'est a dire le lendemain, c'est le debut de 5 jours de vacances officielles au Cambodge, du a je ne sais quelle fete. Je quitte Chi Pat avec le speed boat des israeliens et nous nous disons au revoir a Andoung Tuek. Je pars pour Pnom Penh pour ensuite aller plus au Nord, tandis qu'eux vont d'abord a la frontiere Thailandaise chercher la fille et le beau fils de Dany et Ruthy, avant de repasser par Andoung Tuek pour aller passer 5 jours a Sihanoukville, station balneaire du Sud.

Malheureusement ou heureusement, je n'ai pas reserve de ticket de bus, or il s'avere que tous les bus sont plein (vacances!). J'attend donc un minibus, il y en a toujours partout ca devrait aller, mais au bout de quelques heures aucun ne s'est arrete, ils ont tous surpleins, et meme avec des passagers sur le toit... Que vais je faire... "Allo Yotam? C'est Laura. Bon je suis bloque a Andoung Tuek, tous les bus etaient pleins, et les minibus aussi, vous n'auriez pas une petite place pour moi dans la voiture?"

 

Et voila comment je me suis retrouvee "en vacances" a Sihanoukville. Je ne pensais y rester qu'un ou deux jours, or les choses ont fait que je suis restee avec eux les 5 jours, entre plage et bars avec Yotam, restaus et western food. J'ai egalement fete le nouvel an juif avec une dizaine d'israeliens, je pense que je vais bientot parler couramment hebreux, et j'ai enfin demande un cours sur l'histoire d'Israel!!! Ca va mes israeliens sont vraiment tres sympas et surtout ne sont pas de fervants pratiquants, mais parfois ils me demandent avec un air d'ironie des trucs sur nos fetes religieuses, questions auxquelles j'ai bien du mal a repondre... mes cours de cathechisme sont tres tres loin derriere moi. Sihanoukville est une ville qui se veut ressembler aux villes balneaires de Thailande, pleine de bars, de guesthouses mais aussi d'hotels de luxe, de restaurants occidentaux et de gens qui vendent de tout et de rien sur les plages. Sa ressemblance avec la Thailande implique aussi ces quartiers glauques ou l'on voit de vieux occidentaux trainer avec de jeunes cambodgiennes...

Yotam et moi avons passe les 2 derniers jours sur une petite ile paradisiaque et tranquille ou il a passe son niveau 2 de plonge pendant que je lisais, me baignais dans une eau turquoise sur des plages vierges, randonnais toute seule dans la jungle et me faisais bouffer par les sun fly. Cette ile, Koh Rong, a vu s'installer il y a quelques mois une petite ecole de plonge, elle s'ouvre donc tout juste au tourisme. Les habitants sont relax et nonchalants, les petits chemins de rando que quelqu'un de l'ecole de plonge s'est attele a marquer sont de veritables parcours du combatant ou il faut traverser des rivieres, marcher en equilibre sur des troncs d'arbres et faire un peu d'escalade. J'en ai fait l'experience, c'est du sport mais c'est marrant! C'est du stress aussi car j'ai une peur panique des serpents or les lianes et racines des arbres ont toutes tendance a ressembler a des serpents! (j'en ai quand meme croise un, mais ca va, un petit). 

 

Je suis censee partir pour de bon a Phnom Penh le mardi matin, mais lundi soir, de retour de notre ile avec Yotam, Dany m'apprend que le chef de projet de tourisme communautaire de Chi Pat sera au village le lendemain et que si je viens avec eux je pourrai enfin le rencontrer. OK, bon et bien c'est reparti pour Chi Pat!!!

Je rencontre Oran (encore un israelien), il me parle du projet, mais aussi qu'il recherche toujours des gens motives pour aider a le developper, car lui ne peut pas toujours etre sur place... (ca je le savais Dany m'en avait parle, on en avait discute et je lui avais dit que ca pourrait bien m'interesser, je suis ouverte a tout, du coup il a parle de moi a Oran avant que je le rencontre) donc si ca m'interesse... pour le temps que je veux... bon c'est benevole car il n'a pas le budget, mais je ne perd pas d'argent car la nourriture et le logement sont payes... si ca me dit, la porte m'est ouverte. Dans le fond ca m'interesse totalement, dommage que ce soit benevole, mais ca peut me faire une tres bonne premiere experience. Dans tout les cas c'est note dans ma tete, je continue mon voyage, j'y pense et je le rappelle fin novembre.

 

Une derniere journee a Chi Pat, et c'est exactement 10 jours apres ma premiere arrivee au village que j'en suis finalement repartie.

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5 Commentaires

  • #1

    Marine (vendredi, 25 septembre 2009 16:45)

    Sympa d'avoir des nouvelles, ça nous paraît toujours un peu long entre deux, mais c'est parce que tu es loin et que tes aventures ne sont pas banales. Je t'écris de suite un mail pour te donner des petites nouvelles de tout le monde. Bisous

  • #2

    yveline (vendredi, 25 septembre 2009 18:21)

    chic, enfin des nouvelles, nous commencions à nous languir, merci encore une fois, Laura, de nous faire partager tes aventures!
    ça dure combien de temps la saison des pluies?
    bises

  • #3

    sam (samedi, 26 septembre 2009 09:16)

    merci pour les news ca devenait long mais tu te rattrapes bien.tes aventures sont passionnantes!on t'embrasse très fort sam

  • #4

    Marion T (samedi, 26 septembre 2009 11:45)

    Coucou Laura !
    Tes récits sont toujours aussi passionnants :)
    J'adore les moments surréalistes que tu décris, comme fêter le nouvel an juif avec 10 israëliens au Cambodge, ce sont des moments précieux...
    Des gros bisous et bonne route

  • #5

    Brett Williams (dimanche, 27 septembre 2009 02:53)

    Fantastic entry! It sounds like you are having quite a unique experience in Cambodia. Needless to say, I'm jealous! You've inspired me to go back should Laura and I renew our contracts in Singapore.

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